vendredi 30 septembre 2016

Des cartes pour Revivre dans le Monde

Chez Pitney Bowes, nous sommes intervenus en mécénat de compétence pour la mise en place d'un outil de cartographie pour l'association Revivre dans le Monde.

Ce réseau d'associations fondé par des anciens de Danone vient en aide aux exclus, par la collecte et la distribution de produits de première nécessité. Il propose aussi via cette activité de recyclage de ces produits, de venir en aide aux exclus du travail, par la réinsertion.

Revivre dans le monde organise une chaîne de collecte et de recyclage de produits alimentaires d'hygiène et d'entretien auprès de partenaires industriels producteurs et d'agriculteurs volontaires. Les produits donnés par ces partenaires sont stockés et redistribués à des associations d'épicerie sociale et solidaire, des associations humanitaires et caritatives, des centre communaux d'action sociale, des associations d'urgence ainsi que des centres d'accueil et d'hébergement.  Il s'agit aussi de lutter contre le gaspillage agro-alimentaire par la collecte et distribution d'invendus. Des emplois d'approvisionnement, de manutention/stockage ou de logistique sont créés par le réseau et proposés à des chômeurs de longue durée.

En région Île de France et en Auvergne Rhône Alpes, Revivre dans le Monde a monté un projet "tournée village". Un camion distribue des produits de première nécessité à des populations  rurales ou péri-urbaines en grande précarité et éloignées des épiceries sociales. Ces tournées villages sont organisées en lien avec les communes. Le département de l'Essonne et la région Auvergne Rhône Alpes sont pilotes pour ce projet.

L’outil développé par Pitney Bowes "Précari-map" pour Revivre dans le Monde permet de cibler précisément les lieux des actions en cours de ces Tournées Villages dans les deux régions. Il apporte  aussi des réponses étayées à des appels à projets visant ces deux régions.

Voici un lien vers cette cartographie en île de France :
Cliquez sur l'image pour accéder à la carte interactive

Voila une action sociale concrète où un support simple de cartographie interactive est très utile.
Bravo à Blandine Jezequel et aux responsables de Revivre dans le Monde pour ce projet "pro bono"  rondement mené.

Chers Lectrices, Lecteurs, si vous avez des contacts associatifs ou avec des ONG qui ont des projets en lien avec l'information géographique, n'hésitez pas à nous en parler.



jeudi 8 septembre 2016

Open Street Map : toujours plus précis

Encore un post pour tresser des lauriers au projet Open Street Map (OSM). Depuis 2004, OSM est une collecte et diffusion communautaire et libre de cartographie vectorielle du monde.


Avec l'aide de l'excellent Fréderik Ramm de géofabrik, nous suivons l'évolution de l'alimentation d'OSM.

En l'espace de 2 ans (2014 vs 2016), le réseau routier mondial est passé d'une couverture de  38.9 Millions de kilomètres à 47.7M soit +23%. La croissance est encore plus importante pour les autres linéaires (Rivières, trains,...), pour les différentes zonages de couverture terrestre (Forêt, prairies, lac....), ainsi que pour les points d'intérêt.


OSM : Evolution de la couverture kilométrique du routier et autres linéaires et du nombre d'objets de la cartographie générale


Les utilisateurs d'OSM bénéficient partout dans le monde de ces améliorations. En France par exemple, nous avons noté une très nette amélioration de  la localisation du commerce en centre ville presque comparable désormais à celle de google.

Rue commerçante du centre de Paris
OSM
GoogleMap


Cartographier la planète : la route est longue, mais nous roulons toujours plus nombreux pour OSM.

mardi 6 septembre 2016

Projections et conversions rasters

Je suis confronté à des problèmes de projections et de format d'images rasters. Le format "raster" est un des piliers du  domaine de la géomatique. L’image raster est constituée de petits rectangles pixels géo-localisés. A chaque pixel est associé une ou plusieurs valeurs appelées « bande raster » décrivant les caractéristiques de l'espace. Il peut s’agir par exemple dans une image couleur à 3 bandes de l'intensité lumineuse des trois couleurs: rouge, vert, bleu. Mais les bandes d’une image raster peuvent contenir des attributs très variés que l’on souhaite représenter à très grande échelle : altitude, exposition au risque d’inondation, population…
Les fonds de cartes tuilées sont le résultat de l’accolage de multiples images appelées aussi dalles rasters, exactement comme les carreaux de votre salle de bain mais sans les jointures. En version "tuilée", les images rasters géo-référencées constituent le support des fonds de cartes  des nombreux cartes et globes interactifs qui fleurissent sur le web.


Le problème :

L'IGN m'a transmis une série de plusieurs dizaines de milliers de ses images rasters. Le vénérable institut produit et maintient en particulier des photos aériennes issues de la BDOrtho et des plans cadastraux rasters de la BDParcellaire. L'IGN fournit ces rasters en projection Lambert 93 (L93 : EPSG 2154) et en format d'image géo-référencées .jp2 ;  format compressé JPEG2000 adapté aux applications internet. Certains SIG ou logiciel "maison" ne sont cependant pas paramétrés pour lire des rasters en projection L93 et sur le format JPEG2000.  Mon objectif est donc de convertir les images de l'IGN dans l'ancienne projection officielle française Lambert 2 Etendu (L2E : EPSG 27572 ou mieux IGNF:LAMB2C) et au format raster plus classique géoTif.

Ce problème est très spécifique et pas folichon ! Je note ici cependant mes solutions car j'ai beaucoup tâtonné et pour tout dire "galéré" pour trouver une solution acceptable. Il y a de grandes chances que les pistes exposées n'intéressent que moi, mais sait-on jamais !  D'autres travaux de conversions de formats et de re projections de rasters peuvent en bénéficier.... Pour les aspects théoriques sur le géoréféncement, la géodésie et les systèmes de projection, je renvoie vers le très instructif dossier du CEREMA (ex CERTU). Pour les aspects pratiques, c'est plus bas.



Pré-requis techniques :


Sous Windows, tout se passe en ligne de commande DOS. Il faut installer sur votre PC :
  • Obligatoirement GDAL (Geospatial Data Abstraction Library) : le "couteau Suisse" du géomaticien. Ce  logiciel est open source et se substitue très bien aux équivalents payants (FME, ArcGISS....) pour ceux qui manipulent le mode commande DOS. L’installation est expliquée sur le site OSGeo4W. On peut aussi se référer à ce mode d'emploi. En respectant scrupuleusement ces consignes d'installation, il faut absolument faire attention à : 
    • bien installer une version de GDAL et de python cohérentes ;
    • ajouter à la variable d'environnement  PATH (accessible Panneau de configuration+Système+parametres système avancés+Variable d'environnement + Variables système)  les chemins d'accès à votre installation GDAL (sur mon PC: C:\Program Files (x86)\GDAL) ,  python et scripts python ;
    • bien configurer les nouvelles variables d'environnement pour GDAL en fonction de la localisation de votre installation : GDAL_DATA (chez moi C:\Program Files (x86)\GDAL\gdal-data),  PROJ_LIB et GDAL_DRIVER_PATH .
  • Optionnellement, le logiciel KAKADU La version gratuite de Demo téléchargeable ici suffit pour gérer les conversions dont nous aurons besoin.
  • J'ai contrôlé les résultats des conversions sous QGIS et MapInfo.
  • Pour la production de masse, j'utilise SAS pour générer des fichiers .bat. Des commandes Python, R ou même Excel font bien l'affaire aussi. Je ne détaille cependant pas vraiment ce point dans ce post.
Pour avancer dans la suite de ce post, il faut donc être à l’aise avec les SIG et aussi l’écriture et l’automatisation de commande DOS.

1/ Conversion dalle à dalle de L93.jp2 en  L2E.tif :


GDAL possède une panoplie de commandes de traitement de données SIG, il gère de nombreux format raster/vecteurs et de nombreux systèmes de projections. La librairie GDAL est parfaitement documentée en anglais et en français.

Tout se passe avec les deux commandes gdalwarp et gdal_translate. Gdalwarp fait l'essentiel du travail en passant d'une projection source (-s_srs) vers la projection cible (-t_srs) en convertissant le format vers le géotiff (-of GTiff ). Il faut absolument mentionner que la transparence de la dalle cible (-dstnodata) sera gérée via un code RGB au triple 255 (valeur du blanc) ou triple 0 (valeur du noir)

c:
cd c:\Program Files\GDAL

gdalwarp -overwrite -s_srs EPSG:2154 -t_srs EPSG:27572 -of GTiff -co TILED=YES -r average -dstnodata "255 255 255" Raster_L93.jp2 RasterV0_L2E.tif

gdal_translate  -co COMPRESS=DEFLATE -co PREDICTOR=2 -co ZLEVEL=9 -of GTiff RasterV0_L2E.tif Raster_L2E.tif
del  RasterV0_L2E.tif


2/ Conversion dalle à dalle L93.jp2 en L2E.jp2


J'ai cherché longtemps dans les dédales de la géomatique sur le web la solution de ce problème apparemment bénin. Il ne l'est pas. La piste est formulée dans cet échange de mail entre géomaticiens anglosaxon.

Pour ce changement de projection, bizarrement il va falloir repasser par un raster intermédiaire .tif en projection cible L2E. C'est nécessaire car le changement de projection sur des tuiles de format JP2000 génère des artefacts en bordure de tuiles qui provoquent une difficulté d’assemblage. Contrairement au format géotiff, le format d’hyper compression JPEG2000 ne gère pas la transparence (nodata) dans les 3 bandes rasters RGB classiques. Une solution est donc l'ajout d'une 4° bande raster qui comprend l’information de transparence nodata aux bordures des tuiles. Les applicatifs qui utilisent ces tuiles doivent donc gérer la transparence via la 4° bande raster.  


2.1 en utilisant GDAL et son driver intégré JP2OpenJPEG


2 étapes :

2.1.1 Re-projection dans un autre format L93.jp2  vers L2E.tif :

gdalwarp -overwrite -s_srs EPSG:2154 -t_srs EPSG:27572 -of GTiff -co COMPRESS=DEFLATE -co PREDICTOR=2 -co ZLEVEL=9 -co TILED=YES -r average -dstnodata "255 255 255" -dstalpha Raster_L93.jp2 Raster_L2E.tif
Cette opération se passe bien ; les Raster_L2E.tif  s’assemblent bien pour tous les niveaux de zoom.

Note : la projection  EPSG:27572 est mal gérée dans QGIS/GDAL avec un décalage de quelques mètres en superposition de données vecteurs de relevé terrain en projections L2E. Il est  donc préférable de  spécifier une projection IGNF qui correspond à un "vrai" L2E
gdalwarp -overwrite -s_srs EPSG:2154 -t_srs IGNF:LAMB2C -of GTiff -co COMPRESS=DEFLATE -co PREDICTOR=2 -co ZLEVEL=9 -co TILED=YES -r average -dstnodata "255 255 255" -dstalpha Raster_L93.jp2 Raster_L2E.tif

Notez que nous ajoutons une 4° bande raster alpha pour la gestion des pixels en transparence (-dstalpha).

2.1.2 Rranscription de format:  L2E.tif à L2E.jp2 :

gdal_translate -a_srs EPSG:27572 -r average  -of JP2OpenJPEG Raster_L2E.tif Raster_L2E.jp2
Cette opération convertit bien le format mais nous obtenons cependant de légers artefacts entre les tuiles pour les petites échelles de zoom ;   un liseré blanc s’affiche entre les tuiles. Pour les grandes échelles (>1/5000°), le liseré disparaît… La compression du format jp2 est de mauvaise qualité pour les petites échelles.  A date, je n'ai pas trouvé de solution "simple" pour résoudre ce problème pour une conversion dalle à dalle. Je renvoie vers le point 3/ pour une solution où l’accolage des dalles re projetée est propre.


Avec QGIS on vérifie le résultat en précisant bien la propriété de transparence dans la 4° bande raster :

Ouverture pas du tout OK des images tuilées avec QGIS sans prendre en compte la transparence dans la 4° bande 


Ouverture presque OK des images tuilées avec QGIS avec  paramétrage de la transparence dans la 4° bande raster (avec léger liseré entre les tuiles pour les petites échelles de zoom  surligné en rouge)



2.2/ Une variante avec le driver Kakadu


Si vous souhaitez pouvoir générer des dalles jp2 avec une très forte compression (pour usage web intensif des dalles), Kakadu peut être utile sinon passez ce paragraphe.
Le driver KAKADU autorise de multiples options de compression, cependant aucune ne résout le problème des liserés entre tuiles. Attention aussi à créer un tif sans compression (ne pas passer la commande GDAL_translate) car l'opération suivante kdu_compress ne reconnait que des GeoTiff non compressés.

GdalWarp va faire le travail via l'option -dstnodata

c:
cd c:\Program Files\GDAL

gdalwarp -overwrite -s_srs EPSG:2154 -t_srs IGNF:LAMB2C -of GTiff -co TILED=YES -r average -dstnodata 0 Raster_L93.jp2 Raster_L2E.tif

Pour la conversion du TIF en JP2 par Kakadu, on peut appliquer les paramètres recommandés par l'IGN en p. 21 de ce document. Cela donne :
c:
cd c:\Program Files (x86)\Kakadu

kdu_compress -i Raster_L2E.tif -o .Raster_L2E.jp2 -rate - Clevels=8 Clayers=12 Creversible=yes Cprecincts={256,256},{256,256},{128,128} Corder=RPCL Sprofile=PROFILE1

ou encore en version avec haute compression (Taille divisée par 10)
kdu_compress -i Raster_L2E.tif -o .Raster_L2E.jp2 -rate 1.2 Clevels=8 Clayers=12 Cycc=yes Creversible=no Cprecincts={256,256},{256,256},{128,128} Corder=RPCL ORGgen_plt=yes ORGtparts=R Sprofile=PROFILE1


3/  Reprojection en bloc à l’aide d’une mosaïque des dalles sources


Cette solution produit les résultats les plus convaincants et est à privilégier. On utilise uniquement des commandes GDAL que l’on peut automatiser via SAS ou Python. Il s'agit d'assembler les dalles sources pour créer une mosaïque qui sera re-projetée d’un bloc et redécoupée selon le modèle des dalles sources. On évite ainsi tous les artefacts de jointure entre les tuiles.  Attention cette solution est fortement consommatrice de ressources machines. Pour la  re-projection des dalles ortho ou parcellaires de l’IGN, on boucle le traitement en quatre étapes suivant pour chaque agglo ou au maximum par département.


3.1/ Transcription (avec compression) de toutes les sources L93.jp2 en L93.tif

Cette transcription passe par un format tif intermédiaire,  par n commandes (une par tuile source) du type :
gdal_translate  -co COMPRESS=DEFLATE -co PREDICTOR=2 -co ZLEVEL=9 -of GTiff  Raster_L93.jp2 Raster_L93.tif

3.2/ Assemblage des dalles L93.tif sous forme d'une mosaïque virtuelle de dalles :

gdalbuildvrt -hidenodata -addalpha - Index_L93TIF.vrt *.tif

Si votre rectangle assemblé de tuiles n'est pas complet,les paramètres -hidenodata et -addalpha permettent de gérer la transparence des dalles manquantes. Aux trois bandes classiques du raster (une pour chaque couleur Red, Green, Blue), nous ajoutons une 4° bande "alpha" dont la valeur est égale à 255 pour les pixels colorés et 0 pour les pixels transparents. Toutes les tuiles créées à partir de cet index possèdent alors cette information de "nodata" sur la 4° bande facilement réinterprétable par les SIG pour la gestion de la transparence.


3.3 / Re-projection de la mosaïque virtuelle en projection L2E pour sortir une grosse image tif.


Nous allons construire une grosse tuile facile à découper. Pour cela, il faut connaitre la taille du rectangle de tuiles : nombre de lignes et de colonnes. Pour l’agglomération de Roanne par exemple, mon échantillon de la base ortho de l'IGN comprend 332 tuiles chacune de 2000 pixels *2000 pixels réparties sur 19 lignes et 28 colonnes, soit une mosaïque de 532 tuiles potentiels. Le rectangle mosaïque comprend donc des parties vides où nous n’avons pas de sources. Les dalles seront vierges et pourront être éliminées a posteriori. Avec la commande gdalwarp, on force la taille de la mosaïque à 19*2000=38000 pixels en ligne  et 28*2000=56000 pixels en colonne. Du fait de la re-projection, la résolution de la dalle de sortie est nécessairement légèrement différente de celle des dalles d’entrée. Il faut prévoir des ressources sur un disque ; pour l’agglomération de Roanne, la mosaïque de sortie pèse 2,6 GO. Les temps de traitement sont OK et permettent de générer plusieurs dizaines de milliers de dalles si nécessaire.

gdalwarp -overwrite -s_srs EPSG:2154 -t_srs IGNF:LAMB2C -of Gtiff -co COMPRESS=DEFLATE -co PREDICTOR=2 -co ZLEVEL=9  -co TILED=YES -ts 56000 38000 Index_L93TIF.vrt  Mosaique_L2E.tif

Note : en automatisation, la récupération des informations sur la taille des mosaïques passe en amont par la commande gdalinfo. On récupère la taille de la mosaïque virtuelle pour alimenter la mosaïque physique. On peut aussi vérifier que tout se passe bien pour mosaïque physique en sortie.
Gdalinfo Index_L93TIF.vrt >info_ Index.txt

3.4/ Conversion de format .tif vers .jp2 et  redécoupe simultanée de l’image mosaïque par dalle


En fait, nous devons générer n commandes translate en bouclant sur la largeur et la longueur de la tuile par pas de 2000 pixels.

Avec une succession de commandes du type :
gdal_translate  -of JP2OpenJPEG -srcwin 0 0 2000 2000 Mosaique_L2E.tif Dalle_1_1.jp2
gdal_translate  -of JP2OpenJPEG -srcwin 2000 0 2000 2000 Mosaique_L2E.tif Dalle_2_1.jp2
gdal_translate  -of JP2OpenJPEG -srcwin 0 2000 2000 2000 Mosaique_L2E.tif Dalle_1_2.jp2
gdal_translate  -of JP2OpenJPEG -srcwin 2000 2000 2000 2000 Mosaique_L2E.tif Dalle_2_2.jp2
….

Pour cette partie (/4), j’indique un exemple de code SAS qui interprète l'indexation ligne / colonne sur mes sources de l'IGN et qui boucle pour régénérer et redécouper toutes ces tuiles selon ce même système d'indexation et de nommage. Il faut bien mettre au point ce paramétrage de bouclage pour que l’on ait une bonne correspondance entre les tuiles sources et le résultat.


/*** génération de la découpe de l'image mosaïque  ***/

/*** liste des noms des dalles sources pour récupération du mode d'indexatio, je lis en entrée des dalles nommée selon le schéma suivant
42-2013-0765-6550-LA93-0M50-E100.jp2
**/
 data WORK.liste    ;
       infile 'C:\Mosaic\JP2In_Roanne\liste.txt'  ;
         format l_A c_A $4. nom $100. l c 4.;
       input
                 enrg $72. ;
       ;
         nom=substr(enrg,37,36);
         l_A=substr(enrg,45,4);
         c_A=substr(enrg,50,4);
         l=input(l_A,4.);
         c=input(c_A,4.);
     drop enrg;
     run;

proc means data=liste min max;
var l c;
output out=minimax;
run;

Data minimax; set minimax;
if _Stat_="MIN"  then do; CALL SYMPUT('Minl', l);CALL SYMPUT('Minc', c);end;
else if _Stat_="MAX" then do; CALL SYMPUT('Maxl', l);CALL SYMPUT('Maxc', c);end;
run;



/*** boucle pour générer les commandes de redécoupe de la mosaïque physique ***/
%macro nomf;
CGDAL="C:"; output;
CGDAL="C:\Mosaic\JP2In_Roanne"; output;
%do i=&Minl %to &Maxl ;
%do j=&Minc %to &Maxc ;
%let ib=%eval(&i-&Minl);%let ib2=%eval((&i-&Minl)*2000);
%let jb=%eval(&j-&Minc);%let jb2=%eval((&j-&Minc)*2000);
/***42-2013-0765-6550-LA93-0M50-E100.jp2**/
CGDAL="gdal_translate -of JP2OpenJPEG -srcwin "!!tranwrd(right(put(&ib2,$4.)),' ','0')!!" "!!tranwrd(right(put(&jb2,$4.)),' ','0')!!" 2000 2000 Mosaique_L2E2.tif L2Ejp2\42-2013-"!!"0"!!trim(left(&i))!!"-"!!trim(left(&j))!!"-LA2E-0M50-E100.jp2";
output;
%end;
%end;
/*** on ote les dalles vierges (DOS) **/
CGDAL="pushd C:\Mosaic\JP2In_Roanne\L2Ejp2";output;
CGDAL="for %%F in (*.jp2) do (if %%~zF lss 5000 del %%F)";output;
CGDAL="gdalbuildvrt  mosaique_L2Ejp2.vrt *.jp2";output;
CGDAL="popd";output;
CGDAL="pause";output;
run;
%mend;


data bat  ;
length CGDAL $800.;
%nomf;
run;


run;

/*** écriture du fichier de commande .bat à exécuter sous dos ***/
 data _null_;
     file 'C:\Mosaic\JP2In_Roanne\CGDAL_DecoupTranslateMosaique.bat' lrecl=800;
     set  WORK.Bat   end=EFIEOD;
        format CGDal $800. ;
        put CGDal $ ;
      run;


Bravo à ceux, certainement nombreux, qui sont arrivés jusque-là. Les autres survivront cependant très bien sans avoir lu ce post !

mardi 9 août 2016

L'Indice de trafic moyen routier annuel (TMJA) bientôt en données libres (gratuites)

Dans un précédent post (http://tempogeo.blogspot.fr/2014/10/cartographier-le-trafic-journalier.html), je montrais un exemple de visualisation de données de trafic urbain à la rue à  Paris. Il s'agit de cartographier les flux dans chaque portion de rue via un indice de trafic moyen jour annuel (TMJA). Je travaillais alors sur des sources privés (TomTom) non ouvertes, très onéreuses et je déplorais le défaut d'une source centralisée pour ces données géolocalisées fort utiles dans de multiples domaines: sécurité et infrastructures routières, environnement (pollution atmosphérique et sonore), création de transports collectifs alternatifs, implantations commerciales et géomarketing, etc....

La ministre de l'environnement, Ségolène Royal, a fait le même constat. Elle a récemment signé une ordonnance pour la centralisation et l'ouverture des données routières détenues par les collectivités locales. Il s'agit de publier tous les ans la base localisée de l'indicateur de trafic jour moyen voiture et camion sur toutes les routes (et rues ?) de France. Un important travail de centralisation, homogénéisation, géolocalisation est à faire : une note d'application est à venir et les premières publications de ces données sont attendues pour ... 2019.

Liens vers :



Bravo Madame la Ministre !
Il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin. Peut-on aussi ouvrir le fichier des immatriculations automobiles (fichier des cartes grises dit "AAA") ? Pourriez-vous aussi suggérer à votre collègue du ministère du logement qu'il faut ouvrir les données sur les transactions immobilières  (aujourd'hui gérées par les Notaires de France et Perval) ?



samedi 23 janvier 2016

Les disparités de la couverture de la population par les équipements locaux

DataViz de la Base Permanente des Equipement avec les cartes « en étoiles »

La base permanente des équipements (BPE de l’INSEE) mesure le niveau d'équipement et de services rendus par un territoire à la population. Cette base permet de connaître la présence ou l'absence d'un équipement, la densité d'un équipement, ou un indicateur de disponibilité d'un équipement du point de vue des habitants. La base permanente d'équipements comporte un large éventail d'équipements et de services rendus à la population. Le champ recouvre les domaines des services, marchands ou non, des commerces, de la santé et de l'action sociale, de l'enseignement et du tourisme.

1/ Les divers indices d’équipement d’une zone construisent une étoile

Dans un précédent Post, Jean-Jacques Jesua propose une méthode de représentation « en étoile » de données localisées d’équipement de points. La représentation des données de la Base Permanente des Equipements est compliquée et j’ai pensé que cette méthode des analyses thématiques en étoile est une bonne approche « dataviz » de ce sujet. L’idée est de repérer les inégalités de niveau d’équipements entre régions et/ou entités géographiques comparables. J’ai choisis d’évaluer le niveau d’équipement avec le nombre d’équipements pour 10 000 habitants. J’ai normalisé cet indice par attribution d’une note de 1 à 10 afin de faciliter la lecture des comparaisons géographiques. J’aurais pu utiliser le nombre total ou la densité au km2 d’équipements mais ces métriques sont très liées aux différences de densités urbaines, elles-mêmes déjà bien connues et sans réelle valeur ajoutée. L’offre de services d’équipements par habitant est un assez bon indicateur de leur accessibilité et donc d’une forme d’attractivité territoriale engendrée par cette commodité.     

La carte interactive que je propose représente le niveau d'équipement pour quatre types d'entités géographiques : régions, départements, bassins de vie et communes de France (Carte accessible ici). On distingue aussi 4 grandes catégories d'équipements : équipements généraux, de loisirs, pour la santé et les services de proximité. Chacune des catégories comprend elle-même 6 à 8 sous-catégories. La carte matérialise le niveau d'équipement de chaque entité géographique par une "étoile" avec 6 ou 8 branches colorées selon la sous-catégorie d'équipement. La taille et/ou la section des branches des étoiles est proportionnelle  au ratio d’équipement (ou fixe).


2/ Illustrations de quelques disparités régionales d’équipements :

Niveau d’équipement général des régions françaises.  
Branches proportionnelles au ratio d’équipement pour 10000 ha




En dehors des équipements de santé (branche bleue) et de proximité (branche rouge), l’étoile de l’île de France rayonne bien faiblement. Il y a peu de postes de police, de bureaux de poste, de grandes surfaces alimentaires ou d’école par habitant en île de France par rapport aux autres régions. Est-ce à dire que les classes y sont plus remplies, que l’on attend plus aux caisses des supermarchés ou au guichet de la poste ou encore que les forces de l’ordre sont invisibles ? Certainement non, il nous manque l’information sur la taille et capacité d’accueil de chaque équipement. Il est fort probable que le nombre de guichets d’un bureau de poste parisien est plus important que celui d’un bureau de province. La capacité d’accueil de chaque point d’équipement est une information importante mais malheureusement lacunaire de notre source BPE.
On note aussi que lorsque la couverture de la population par les équipements de proximité est plutôt faible (trait rouge court), l’équipement des grandes surfaces alimentaire est plutôt élevé (trait vert long)

Niveau d’équipement de proximité des régions françaises.  
Branches proportionnelles au ratio d’équipement pour 10000 ha

Idem mais en variante de représentation : branche fixe, épaisseur de la branche proportionnelle au ratio d’équipement pour 10000 ha



Avec la carte interactive, chacun choisit le mode « d’étoilage » qui lui convient. Mais dans les deux cas de branches fixe ou variable, on constate l’attraction du soleil avec des équipements de proximité de toute nature toujours plus denses dans le Sud et un rayonnement maximal en Corse. A contrario, il y a un déficit relatif d’équipements très marqué dans le Nord-Pas de Calais Picardie.


Niveau d’équipement Santé des régions françaises.  
Branches proportionnelles au ratio d’équipement pour 10000 ha





On compte10,3 médecins spécialistes en Provence Cote d’Azur pour 10000 ha versus 4,8 dans le Nord. Dans le domaine très réglementé des pharmacies, on compte 4,5 pharmacies pour 10000 ha en Corse (où il faut alimenter de nombreux résidents secondaires) versus 3,1 dans l’Est.

Niveau d’équipement Loisirs des régions françaises.  
Branches proportionnelles au ratio d’équipement pour 10000 ha

















Il y a une forme compensation entre les équipements sportifs et les équipements culturels ou touristiques. Les régions bien dotées en équipements culturels et touristiques le sont en général moins en équipements sportifs et vice versa. Zoomons maintenant dans la région Ile de France avec un fort tropisme vers la culture (Branche violette).

Niveau d’équipement Loisirs des départements d’île de France.  



Paris intramuros se distingue par un double tropisme culture et tourisme (branche verte).


Niveau d’équipement Loisirs des arrondissements parisiens.  

 







Pour les loisirs, Paris marche sur ses deux pattes Culture et Tourisme sans alternative et avec une très forte accentuation du phénomène au centre de Paris. On compte par exemple 6,1 théâtres ou cinémas pour 10 000 habitants dans le 2° arrondissement versus 0,4 dans le 19° et 20°. Il est vrai que la zone d’attraction culturelle et touristique du centre de Paris draine des flux de fréquentation qui proviennent en très grande majorité hors de sa zone résidentielle.   


3/ Mode d’emploi de la carte interactive

La consultation géographique est consultable en "drill down" emboité : cliquez sur une étoile région de la carte et vous obtenez une carte détaillée de l'équipement des départements de la région. Cliquez alors sur une étoile département et vous obtenez le détail de ses bassins de vie. Enfin cliquez sur une étoile matérialisant un bassin de vie et vous obtenez le détail de ses communes équipées. Vous pouvez aussi vous déplacer d'un niveau à l'autre à l'aide des 4 onglets cartes.
Vous pouvez vous déplacer zoomer et dé-zoomer sur la carte comme sur Google Map (menu au coin haut gauche). Vous pouvez aussi recentrer/réinitialiser la carte en cliquant sur l'icône "maison" de ce menu: ceci est utile lorsque vous êtes sur un niveau de zoom qui ne correspond pas aux données sélectionnées.
Pour les cartes des départements, des bassins de vie et des communes, vous pouvez aussi sélectionner d'autres zones (sélection géographique marquée en rouge en haut à droite).

Le niveau d’équipement d’une zone est décrit à l’aide du nombre d’équipements présents pour 10 000 habitants, ce qui permet les comparaisons territoriales. Trois indicateurs de niveau d'équipement sont calculés pour chaque zone et chaque sous-catégorie : le nb brut d'équipements, le nombre d'équipements pour 10 000 /habitants et une note de 1 à 10 qui matérialise le classement de la commune au sein de l'ensemble des communes équipées de France métropolitaine. Ces indicateurs s'affichent en info-bulle lorsque vous pointez le curseur au-dessus d'une étoile.

En bas à droite de l'écran, un menu permet de régler la dimension des étoiles :
- La taille des branches peut être fixe ou proportionnelle au nombre d'équipements pour 10000 /habitants ;
- La section des branches peut être fixe ou proportionnelle au nombre d'équipements pour 10 000 /habitants ;
- Un curseur permet d'allonger/rétrécir la taille des branches. Ceci est utile pour certains niveaux de zoom. La taille des branches est paramétrée pour un affichage optimal. Cependant, lorsque l'on zoom dans les régions très denses (ile de France), il peut être utile de rétrécir la taille des branches.

Une entité géographique non étoilée ne possède pas d'équipement ; c'est le cas de nombreuses petites communes. Une commune avec un faible nombre de branches ne possède pas un équipement diversifié. Une commune avec beaucoup de longues branches (ou épaisses si vous avez choisi d'afficher les sections variables) est bien équipée. Une entité géographique matérialisée par une étoile de forme déséquilibrée possède un équipement hétérogène avec des spécialisations et des "trous" d'équipements.


4/ How to : comment j'ai réalisé cette carte interactive en étoile ? (§ Spécial GEEK avec indications rapides)

Attention ce n’est pas immédiat, ce type de représentation n’est pas un standard d’analyse thématique cartographique, j’ai donc consacré quelques heures à monter cette carte…

Les fichiers de comptages iris commune extraits de la Base Permanente des Equipements sont téléchargeables ici et sont extraits de l’inventaire communal 2014 de l'INSEE.

Mon tableau de base comprend pour chacune des 36 600 communes françaises en ligne les 165 postes qu’équipement en colonne de la BPE. Un prétraitement (réalisé avec SAS) des données communales de la BPE sélectionne et regroupe les 165 postes en 4 catégories d’équipements et les 6 ou 8 sous catégories. Je transpose mon tableau initial pour obtenir un tableau de lignes commune* catégorie * sous-catégorie  avec en colonne le nombre d’équipements, le ratio d’équipement et le rang de la commune normalisé par une note sur 10. Ce tableau est agrégé 4 fois pour les 4 niveaux géographiques : communes, bassins de vie, départements, régions.

J’ai choisi le logiciel Tableau Software pour l’édition des données sous forme de carte interactive. Ce logiciel est puissant pour une construire des cartes de points avec des fonctionnalités de « Business Intelligence »  (choix, sélection, drill down…). Le tracé d’une branche d’une « étoile » est similaire à celui d’un flux du point de départ centre de la zone, au point d’arrivée extrémité de la branche.
    
Pour gérer ces pseudo-flux avec Tableau Software, j’ai suivi les conseils de cet article. J’ai donc dupliqué chaque ligne de mon tableau pour avoir un point de départ et un point d’arrivée pour chaque flux et créer une variable d'ordre du tracé du trait (0/1) pour définir le point de départ (la commune) et le point d’arrivée (l’extrémité de la branche) du flux.  On peut faire le calcul en amont des coordonnées des points d’arrivée des branches des étoiles (cf. post ici). J’ai cependant préféré faire le même calcul mais sous la forme d’un champ dynamique dans Tableau Software. Cela permet de paramétrer la taille des branches de l’étoile (fixes ou variables) et d’ajuster la taille de l’étoile en fonction du niveau de zoom de l’utilisateur pour éviter de surcharger la carte.   

Voici la tête du fichier que j’ai chargé sous tableau : indicateurs d’équipement en jaune, identifiant et n° ordre sont nécessaires pour tracer un trait (flux) de point à point, les coordonnées géographiques long/lat (EPSG 4326) du centre de l’étoile    


Sous Tableau : la carte principale est construite à l’aide du calcul dynamique des coordonnées des extrémités des branches de chaque étoile (X1C, Y1C) et en détaillant le tableau avec l’identifiant et le n° d’ordre



Pour finir, je rappel et renvoi vers les deux éléments clefs de ce post :
La carte interactive en support dans ce post
Et plus de détails sur le principe des cartes de points étoilés (méthode de Jean Jacques Jesua, La Poste), consulter son excellent article ici.